S’il est bien un sujet au cœur du programme GRENAT (Générateur rural pour des entreprises attractives dans les territoires), c’est bien celui des emplois et des compétences. De quels profils les employeurs ont-ils besoin ? Comment anticiper sur les besoins de demain ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que 5 territoires du programme ont monté une démarche de GTEC ou ou s’apprêtent à le faire.
Mais que se cache-t-il derrière cet acronyme, GTEC ? Avant de le dévoiler, faisons un petit tour par la GPEC, la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences qui s’applique à l’entreprise. Née au détour des années 80 pour gérer les reconversions industrielles, elle est devenue obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés, depuis la loi Borloo en 2005 qui instituait un mécanisme d’anticipation et de dialogue social dans l’entreprise sur les évolutions des emplois. Cette démarche prospective peut aussi être négociée au niveau de branches professionnelles.
Déclinée plus récemment à l’échelle des territoires, la GPEC peut aussi être Gestion Territoriale des Emplois et des Compétences (GTEC), ou GPEC-T. Elle permet de diagnostiquer à l’échelle d’un bassin de vie, d’un territoire économique, les évolutions des besoins des entreprises. Le diagnostic partagé débouche sur un plan d’actions impliquant l’Etat, les partenaires sociaux locaux, les représentants des entreprises locales, les collectivités et le service public local de l’emploi.
A l’occasion d’un retour d’expériences GRENAT spécial GTEC, 5 territoires ont fait le point sur les avantages et les écueils d’une telle démarche : le PETR du Haut Rouergue, le Pays Cœur d’Hérault, la Communauté de communes Millau Grands Causses, le PETR Hautes Terres d’Oc et le PETR Gévaudan Lozère qui envisage de se lancer.
L’un des enseignements est qu’il faut agir assez tôt, même si c’est modeste, même avant la livraison du diagnostic qui d’ailleurs ne devrait pas durer plus de 6 mois. Car ce type de démarche au long cours peut lasser des chefs d’entreprises en attente de résultats concrets. La recette, c’est celle des petits pas : embarquer 6 entreprises dans une action de formation, monter un club RH, faire des vidéos sur les métiers demandés localement, monter une formation au management pour quelques dirigeants…
Malgré la grande hétérogénéité des contextes locaux et des stades d’avancement, des enseignements communs ressortent des 4 expériences. Tout d’abord, le choix du prestataire qui fera le diagnostic est crucial. Évidemment, ce qui ne marche pas, c’est un cabinet hors-sol, qui vient calquer des méthodes urbaines et qui n’adapte pas sa proposition au plus près des réalités locales des entreprises et de la collectivité. Il est important aussi que le temps du diagnostic soit l’occasion de mobiliser activement les partenaires locaux et les entreprises ; il ne faut pas laisser à un consultant extérieur le monopole des entretiens avec les dirigeants, la collectivité n’aurait aucune légitimité à proposer des actions à des gens qu’elle ne connait pas. C’est l’occasion de rappeler que la coopération ne se fait pas avec des organismes mais avec des individus, cela est vrai pour les chefs d’entreprises et les chargés de missions des partenaires.
Enfin, pour ces 4 territoires ayant expérimenté, la collectivité qui pilote une GTEC a une réelle légitimité à impulser, coordonner, révéler des besoins à l’échelle du territoire et garantir une vision d’ensemble. Cela permet de définir des actions que d’autres peuvent mettre en œuvre : France Travail, une chambre consulaire, un organisme de formation, les communautés de communes, un OPCO*… Si mesurer les résultats directs à court terme est impossible, il est une retombée indirecte évidente pour tous : les chargés de mission des collectivités ont tissé des liens de confiance avec des partenaires et acquis une légitimité pour traiter le sujet.
L’une des participantes à ce retour d’expérience nous livre le mot de la fin : “La GTEC est un super outil si on arrive à sortir des cases préformatées pour la faire à l’image des réalités locales.
Enfin nous profitons de ce retour d’expérience pour vous annoncer la date du 8 octobre, séminaire de fin du programme GRENAT, à Caylus. Réservez la date !
*Organisme paritaire collecteur des fonds de la formation professionnelle des entreprises.
En partenariat avec les PETR Hautes terres d’Oc, Haut Rouergue, le Pays Coeur d’Hérault et la communauté de communes Millau Grands Causses
Financé par Conseil Régional Occitanie et le FNADT